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L’art de l’écriture à la plume – L’Entreprise

27 août 2002

En 1993, à l’âge de 21 ans, Ivan Baron, étudiant en première année d’Ecole de Commerce, crée son entreprise. Confiant, ce jeune entrepreneur se lance dans une activité quelque peu « loufoque » pour un gestionnaire : la calligraphie. Son entreprise Graphiplus s’est fortement diversifiée depuis, pour devenir une véritable agence de conseil en création et communication.

Quel est le concept de Graphiplus ?

Graphiplus est une agence de création spécialisée depuis 10 ans dans la personnalisation à la plume de documents de communication : du simple mailing à la création de logo en passant par la réalisation de diplômes, cartes de vœux ou encore des étiquettes produits. Une manière de se démarquer des formes de publipostage et mailings traditionnels. Notre clientèle est constituée de grands groupes, en particulier des entreprises de luxe.

La calligraphie, le cœur de métier de notre entreprise, nous a servi de tremplin vers les métiers de l’événementiel, du marketing direct et de l’identité visuelle. Parmi les activités de la branche événementielle, nous avons réalisé par exemple 5 000 cartons d’invitation à l’occasion de l’inauguration au mois d’avril au Louvre de l’exposition « Les Artistes de Pharaons » organisée par l’entreprise Suez. Côté marketing direct, nous avons été chargés du mailing correspondant au lancement du stylo Bohème de la marque Montblanc : un mailing très qualitatif sur une cible à forte valeur ajoutée.

Enfin, l’identité visuelle, notre troisième métier, regroupe logo et charte graphique. A titre d’exemple, nous avons crée le logo de Piz’Wich, un industriel de l’agroalimentaire (pour ses « pizzas sandwichs » !), ou encore la charte graphique de l’UNIOPSS, l’Union Nationale Interfédérale des Oeuvres et Organismes Privés Sanitaires et Sociaux.

Comment avez-vous eu l’idée ?

Je souhaitais travailler dans un secteur à la croisée des métiers de la communication et du luxe, attiré à la fois par les contacts humains et l’aspect commercial de la formation dont je suis issu. La calligraphie répond aux besoins d’une cible particulière, celle des gens fortunés et des maisons de luxe. Une niche particulièrement intéressante à exploiter, et sans investissements colossaux à engager. « L’art de l’écriture à la plume », le cœur de notre métier, nous a vite ouvert des portes et permis d’enrichir notre relationnel. J’ai donc souhaité étendre le projet à différentes synergies possibles : la création artistique plus en amont depuis 1995, et de manière générale le conseil en communication depuis 1997. A l’inverse d’autres agence de conseil, nous avons choisi de maîtriser parfaitement le métier opérationnel (la technique de la calligraphie), avant d’élargir notre offre vers des métiers plus stratégiques : force de proposition et conseil en communication. En réalité, j’ai toujours eu le goût pour entreprendre, être patron, créer mon entreprise. C’était pour moi une chose évidente. Mais mon idée n’a pas germé en une seule nuit ! J’ai été confronté à mon manque d’expérience professionnelle à l’époque, et bien sûr à l’absence de capital de démarrage.

L’art de l’écriture à la plume – L’Entreprise

Comment avez-vous eu l’idée ?

Je souhaitais travailler dans un secteur à la croisée des métiers de la communication et du luxe, attiré à la fois par les contacts humains et l’aspect commercial de la formation dont je suis issu. La calligraphie répond aux besoins d’une cible particulière, celle des gens fortunés et des maisons de luxe. Une niche particulièrement intéressante à exploiter, et sans investissements colossaux à engager. « L’art de l’écriture à la plume », le cœur de notre métier, nous a vite ouvert des portes et permis d’enrichir notre relationnel.

J’ai donc souhaité étendre le projet à différentes synergies possibles : la création artistique plus en amont depuis 1995, et de manière générale le conseil en communication depuis 1997. A l’inverse d’autres agences de conseil, nous avons choisi de maîtriser parfaitement le métier opérationnel (la technique de la calligraphie), avant d’élargir notre offre vers des métiers plus stratégiques : force de proposition et conseil en communication.

En réalité, j’ai toujours eu le goût pour entreprendre, être patron, créer mon entreprise. C’était pour moi une chose évidente. Mais mon idée n’a pas germé en une seule nuit ! J’ai été confronté à mon manque d’expérience professionnelle à l’époque, et bien sûr à l’absence de capital de démarrage.

« Rares furent les personnes qui m’ont véritablement encouragé dans cette aventure. »

J’ai commencé à travailler sur le projet de manière « anecdotique » avec deux autres étudiants de l’ISC -Institut Supérieur de Commerce de Paris- où j’étais alors étudiant en première année. De manière générale, rares furent les personnes qui m’ont véritablement encouragé dans cette aventure, la plupart me recommandaient de poursuivre mes études avant de me lancer dans cette périlleuse affaire.

Mais ma motivation ne faiblissait pas pour autant : le 1er octobre 1993, Graphiplus est officiellement créée. Les deux premières années, j’ai travaillé seul chez moi, en faisant appel à des graphistes indépendants pour toute la partie création, édition,… pour laquelle je n’étais pas compétent.

Mon école m’a encouragé « tacitement » : mon stage de 6 mois s’est effectué dans le cadre de ce projet, et j’ai pu travailler en tant que prestataire pour la réalisation des diplômes. Notre premier client a été une marque de champagne qui nous a spontanément contactés suite à la réception de notre brochure.

Et très vite nous avons eu affaire à des projets de grande envergure : l’inauguration du TGV à l’aéroport Charles de Gaulle notamment. Objectif : 15 000 mailings à envoyer dans un délai de 4 jours, 40 personnes mobilisées à cette occasion… dans un lieu plutôt surprenant : une église ! (faute de bureau à l’époque..). Deux ans plus tard, en 1995, j’installe mon entreprise dans un local à Paris. Graphiplus, alors petite agence de communication se dote d’une équipe interne pour le métier de la calligraphie, avec l’arrivée d’un directeur artistique.

L’art de l’écriture à la plume – L’Entreprise

Comment vous êtes-vous financé ?

Par emprunt les premières années et j’ai eu la chance d’être lauréat à trois concours de création d’entreprise : le Concours Général des créateurs de la Banque Populaire, une bourse d’Etat (qui correspond aujourd’hui au concept « Défi jeunes »), et un soutien de la Compagnie Générale des Eaux.

J’ai obtenu 100 000F de subvention par ces biais mais sans aucun suivi ni conseil derrière. Très vite, l’entreprise a été financée par la croissance soutenue de notre activité : un CA qui doublait quasiment chaque année. Des résultats encourageants qui nous ont permis d’investir rapidement dans du matériel informatique et des locaux. Pour ce qui concerne le soutien des banques, si l’affaire tourne, le soutien est assuré. Dans le cas contraire on vous met vite sous les projecteurs.

Quelles ont été vos difficultés ?

La gestion de la croissance, essentiellement. Nous n’avions à l’époque aucune visibilité. Les dossiers nous parvenaient au jour le jour, à nous de savoir nous adapter en temps et en heures (et travailler la nuit et le week-end parfois…) : mettre le nombre de postes adéquat, diversifier nos activités, élargir notre offre. Et être toujours motivé pour répondre présent aux demandes potentielles.

La deuxième difficulté à laquelle j’ai été confronté concerne les charges. En France, le paiement des charges sociales – paiement des retraites, sécurité sociale, l’Urssaf – se base sur le résultat obtenu deux années auparavant. En 1995, le paiement des charges sociales sur les résultats encourageants des premières années a dégradé la situation de trésorerie de Graphiplus. A cela s’ajoutait le financement récent des locaux. L’information est bien succincte sur tous ces aspects fiscaux, c’est un peu la jungle ! Il faut savoir se débrouiller seul. Et être à la fois expert comptable, avocat, commercial, gestionnaire, financier…

Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur ?

Tenir son entreprise soi-même et garder les pieds sur terre ! Ne pas sous-traiter une valeur ajoutée forte, c’est-à-dire intégrer dès que possible dans votre chaîne de valeur les activités les plus rentables au lieu d’établir des partenariats. Attention de ne pas rentrer dans des logiques d’investissements illimités pour combler des ambitions de « mégalo » qui vous font perdre le nord !

La création d’entreprise ne doit pas correspondre à un objectif de conquête d’un Empire, l’essentiel est de vivre avec son entreprise comme outil de travail et « gagne-pain » quotidien. Gérer sa boîte, c’est avant tout savoir prendre ce qu’elle vous donne. Travailler, être inventif, et espérer que la chance vienne.

L’art de l’écriture à la plume – L’Entreprise
Mathilde Landel, L’Express
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